 |
Les Français connaissent de mieux en mieux les énergies renouvelables
Les Français connaissent de mieux en mieux les énergies renouvelables
Les Français sont majoritairement favorables aux énergies renouvelables, d’après un baromètre réalisé par l’Ademe. Le solaire et l’hydraulique restent les solutions les plus spontanément citées, même si les autres types de production d’énergies renouvelables sont de mieux en mieux connues. Détails

Les énergies éolienne et solaire sont les plus populaires auprès des Français : c’est ce qu’indique la dernière édition du baromètre de l’Ademe sur les Français et les énergies renouvelables. Quelque 97% de la population s’estiment favorables au développement de ce type d’énergie, et les Français sont 68% à plébisciter le solaire, et 43% sont en faveur de l’éolien. Si le solaire bénéficie d’une bonne image, d’autres énergies sont citées moins spontanément, telles que la biomasse (seulement 18%), l’énergie hydraulique (22%) et la géothermie (31%). Ces sources d’énergie sont cependant connues du plus grand nombre. Cette meilleure connaissance des options offerte par les énergies renouvelables est imputable, selon le ministère de l’Ecologie, à la«flambée des prix du pétrole» et à la mise en place du Grenelle environnement, qui ont contribué à médiatiser des alternatives aux productions d’énergies ordinaires.
Les Français ont bien compris que l’énergie renouvelable peut être produite à domicile. L’énergie solaire est citée par neuf personnes sur dix, et une sur deux pense à la géothermie. En 2009, ils étaient 21% à déclarer posséder un équipement permettant d’utiliser les énergies renouvelables, un résultat en hausse de 4 points par rapport à l’année précédente. En outre, 9% des personnes interrogées envisagent d’acquérir un de ces équipements au cours de l’année à venir. Cette décision est motivée principalement par l’envie de faire des économies (44%), loin devant celle de protéger l’environnement (18%).
Mais des freins subsistent : l’installation reste perçue comme trop onéreuse (37%), et compliquée techniquement (37%). Le ministère de l’Ecologie mise sur l’éco-prêt à taux zéro pour faire tomber la barrière liée au coût de l’installation, en rappelant qu’à l’heure actuelle, les banques ont déjà distribué plus de 75.000 éco-prêts.
(02/03/2010)
____________________________________________________________________________________
Des fresques pour habiller les villes
Elles apportent des touches de gaité dans les villes et font la fierté des cités HLM en redorant leur image. Les fresques et peintures murales, qui émanent souvent de commandes privées, ajoutent une réelle valeur à leur façade et à la relation des habitants avec leur quartier. Une démarche artistique et urbanistique, mais qui est aussi soumise à des règles. Voyage à travers quelques réalisations.
Depuis quelques semaines, l’ombre d’un homme court après un cerf volant sur les toits du quartier de Ménilmontant, à Paris. Cet instant de poésie, qui s’offre aux passants distraits ayant la bonne idée de se promener le nez en l’air, est l’œuvre de l’artiste Nemo, spécialiste de l’art urbain et habitué des murs des villes du monde entier. La fresque est l’initiative des copropriétaires de l’immeuble, ayant profité des travaux de ravalement de façade pour ajouter cette touche festive, que les habitants du quartier se sont rapidement appropriés, comme un nouveau point de repère dont ils sont fiers. Un phénomène que les Lyonnais connaissent bien : depuis la fin des années 1980, dans le quartier populaire des Etats-Unis, les fresques monumentales de ce «musée urbain» reçoivent la visite de 20.000 personnes chaque année.
« Les peintures murales ont toujours existé, quand vous voyez les grottes de Chauvet ou Lascaux, il y avait déjà cette idée de transmission, de lien par la peinture», indique Halim Bensaïd, co-gérant de la coopérative lyonnaise Cité Création, qui réalise des fresques sur les murs du monde entier. Une devanture de magasin, un mur qui dérange, un quartier qui a besoin de changer d’image… «Les demandes sont multiples», explique Halim Bensaïd. A Cité création, 80% des commandes de peintures murales sont à financement privé, mais avec un objectif d’intérêt général. Pour l'homme, ce n’est pas un hasard : «On a vu moins de murs peints vers la Renaissance, à partir du moment où la peinture est devenue marchande avec les toiles. Le retour à la peinture murale est plus qu’une évolution, il dit beaucoup sur les préoccupations actuelles car il s’agit d’un lien, qui n’a pas de valeur spéculative».
Cette tendance peut aussi trouver une origine architecturale. «Elle s’associe avec un certain retour à l’épiderme du bâtiment», explique Raphaël Gastebois, chef du service départemental de la Marne des architectes des bâtiments de France. «On a souvent eu la mauvaise habitude de décrouter les façades pour mettre une pierre apparente. Aujourd’hui, on s’aperçoit que la peau est importante, car elle protège le bâtiment. Cela pose donc la question de la finition et des teintes, et l’on s’aperçoit que c’est quelque chose qui a toujours existé, sur le château de Versailles notamment où des pierres ont été peintes. Du coup, cela pousse aussi à la politique du trompe l’œil et du décor».
Contre l’uniformité
Visibles de tous et parties intégrantes d’un quartier, certaines fresques ou teintes originales sont soumises à l’approbation des architectes des bâtiments de France, notamment si elles touchent à un monument historique, à un secteur sauvegardé ou à une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager. Une déclaration de travaux doit être faite au préalable, car on touche à l’enveloppe du bâtiment. «Nous travaillons contre l’uniformité, les murs peints vont donc dans le bon sens, mais ils obligent toujours à se poser la question : pourquoi en a-t-on besoin à cet endroit ?», estime Raphaël Gastebois. «Il serait dommage d’avoir des pignons peints dans des villes où, par ailleurs, les façades sont décrépies». Les fresques, comme les teintes originales, sont plus présentes historiquement dans certaines régions ou villes. «On a tendance à favoriser ces particularismes locaux», indique Raphaël Gastebois, d’autant que cela vient à contre-courant des teintes maintes fois utilisées «car les industriels auraient tendance à tout uniformiser, tant il est plus facile de développer une seule couleur à l’infini».
Nouveaux défis
Les spécificités régionales se retrouvent également dans les dessins de ces fresques. A Québec, le trompe l’œil «la fresque des Québécois», qui attire chaque année 2,5 millions de visiteurs, intègre de nombreux caractères propres à la ville et à ses habitants. Ce phénomène pousse les artistes à adapter le fond à son environnement, mais certains pensent aussi à la forme. A Lyon, Cité Création travaille actuellement en collaboration avec Yann Arthus-Bertrand à la réalisation d’un mur où se mêlent peinture, lumière et végétal. Une manière d’explorer de nouvelles options, en y intégrant le végétal aux fameuses photos de la Terre vue du ciel et aux jeux de lumière qui font aussi la fierté du patrimoine lyonnais. Ce type de fresque, comme l’utilisation de teintes moins traditionnelles pour les façades, pourrait encore se développer, en réponse à la densité urbaine, selon Raphaël Gastebois, car «nous ne sommes plus aujourd’hui dans une logique d’extension à l’infini, mais d’important renouvellement urbain».
Marie Desgré (29/01/2010)
___________________________________________________________________________________________________________________________________________________
PROJETS "VERTS"
BM Architectes ©
Une maison bois en six mois grâce à la préfabrication.
Une maison contemporaine en bois vient de se construire près de Paris, en seulement six mois. La raison de cette rapidité ? Cette construction de très haute qualité environnementale a utilisé à 70% des éléments préfabriqués. Retour sur cette opération.
Une maison en bois contemporaine et répondant aux objectifs de basse consommation d’énergie vient d’être livrée à Meudon (92). La maison DU, à ossature bois, présente un niveau de Très haute performance environnementale d’environ 80 à 90 kWh/m2/an, soit la règlementation thermique 2005 moins 20%. L’autre spécificité de cette maison est qu’elle est constituée à 70% d’éléments préfabriqués. Un procédé pourtant plus compliqué dans un contexte urbain, où il est difficile de faire venir une grue pour installer les panneaux. Mais Stéphane Béranger, fondateur de l’agence BM architectes, estime que la préfabrication apporte «de très bons niveaux de performance et de finition, grâce à un excellent niveau de qualification des entreprises».
BM architectes a commencé à s’intéresser au bois à partir de 1995. «Nous trouvions que les entreprises ne savaient plus construire les maisons maçonnées, alors qu’il y existait au contraire dans le bois des cursus de formation performants», explique Stéphane Béranger, fondateur de l’agence. Si celle-ci construit quasi exclusivement des maisons en bois, Stéphane Béranger réfute le terme de spécialiste : «Nous ne répétons pas une même technique à l’infini. Les problématiques liées au bois évoluent tous les six mois, il faut donc constamment regarder ce qui se fait autour».
Maison évolutive
Pour l’architecte, le procédé présente plusieurs avantages : «Ces maisons sont de bonne qualité et ont moins de sinistre, car il y a moins de problèmes de pathologie de fabrication». Mais il représente aussi un gain de temps. En effet, cette maison sur trois niveaux a été réalisée en six mois : un mois pour le montage de l’ossature, deux mois de gros œuvre, et trois mois de finitions. Un gain de temps qui, pour Stéphane Béranger, vient combler en partie le surcoût de 10 à 15% engendré par une maison classique.«Les propriétaires économisent six mois de loyer, par rapport à une maison construite en un an, sans oublier les économies d’énergie réalisées par une maison THPE». La maison DU a aussi pour but d’être évolutive. Ainsi, outre les équipements qui en font une habitation climatique du «bon sens», elle pourra accueillir dans le futur d’autres systèmes, et ses parois sont facilement démontables car les structures porteuses et les réseaux ont été limités.
Au final, la maison DU se veut symbolique des «intérêts croisés» des acquéreurs souhaitant la maison la plus économique et performante possible, et du professionnel, souhaitant rendre l’architecture accessible. «Les maisons d’architectes sont toujours différentes, donc forcément un peu plus chères», indique Stéphane Béranger qui défend l’idée de la préfabrication totale de la maison. Son credo ? «Eviter d’être répétitif, même en passant par la préfabrication. La maison DU en est une tentative».
|
 |